Garçon, de quoi écrire

Précis de la femme

Posted in Uncategorized by frichtre on 21 septembre 2009

Je ne suis pas un homme qui après avoir remarqué une femme, se retourne dix mètres plus tard pour lui crier bonjour. Non. Moi, quand elle est vraiment à mon goût, je la remarque à vingt mètres. A dix mètres, elle me sourit déjà. A cinq, nos regards font de sacrés nœuds. A deux mètres, le trottoir se rétrécit bizarrement comme favorablement. A un mètre, j’impose un salut digne de ce nom. Elle me répond en feignant d’être timide. A quelques dizaines de centimètres, j’ai déjà organisé notre prochaine rencontre. Enfin, nos joues se collent pour qu’elle puisse en rêver la nuit, au même titre que ses amies auxquelles elle aura conté son anecdote après de longues conversations téléphoniques. Bien évidemment, je ne me retournerai pas alors qu’elle attendra désespérément un autre signe flatteur de ma part. Je suis déjà loin.

Les femmes sont comme les religions : c’est simplement une excuse pour légitimer un combat. La seule différence, c’est qu’avec les femmes, on peut en embrasser plusieurs à la fois, voire, plusieurs à la fois, et au même endroit.

Cependant, des femmes, on en tire une mère, des sœurs, des tantes, des inconnues, des filles d’un soir, des amies, une confidente (une seule parce qu’avec deux, l’une et l’autre seront jalouses de leur non-exclusivité), des maîtresses d’école, des maîtresses de lit. Des femmes que l’on aime, certaines que l’on ne supporte pas, d’autres qui nous sont indifférentes. Il n’y a pas deux femmes qui se ressemblent. Même si finalement, beaucoup peuvent avoir des points en commun. Cela facilite le travail pour d’autres conquêtes, il y a moins à faire. Moins à découvrir. On s’interroge moins. Les plans d’attaque ne sont plus élaborés ad hoc et l’on peut rectifier quelques petites erreurs nous ayant valu une soirée solitaire. Les femmes sont un sujet inépuisable. Chaque matière a son quota de femmes. On pourrait valider n’importe quels sujets de thèses s’intéressant aux femmes. En philosophie : la liberté se définit-elle par le pouvoir d’avoir une maîtresse ? En sociologie : L’autorité de la femme en groupe restreint. En psychologie : Indépendance et interdépendance  sexuelle des femmes en milieu libéré. En sciences politiques : Etats latins, Etats scandinaves, entre guerre des parités et libertinage politique. En histoire : Derrière chaque guerre se trouve cacher un clito.

Les femmes qui nous font souffrir sont celles que l’on ne peut avoir. Je pourrais avoir la même réflexion avec celle que j’ai déjà possédée. Je me suis toujours rendu compte qu’à pimenter une relation, on la rendait douloureuse. Et je sais de quoi je parle. Vous voulez un exemple ? Rien de plus simple, et dans chaque cas, permettez-vous de me croire, car c’est la stricte vérité. Je suis tombé deux fois amoureux dans ma vie. Sachez que je n’emploie jamais un terme à la légère. L’amour est un sujet de thèse sérieux. Très sérieux. C’est pour cela qu’il faut au minimum cinq ans d’études post-bac pour pouvoir en parler correctement. Trop compliqué pour l’enseigner aux enfants. Trop éphémère pour de jeunes adultes innocents et amorales. On passe tout de suite à trop déprimant pour de jeunes célibataires de trente ans, sans compter bien évidemment les deux fois nombre de divorces, nous donnant le nombre de cœur en transit. Après, l’amour est mort.
Le seul moment où l’on espère vivre l’amour se situe donc vers les 23 ans.

Merde, pour ma pomme, c’est fini.

3 Réponses

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  1. See Mee said, on 21 septembre 2009 at 9:26

    Grandiose ! J’ai retrouvé le grand Frichtre découvert sur Twitter (et au fait, à quand une belle exégèse de la rencontre de la femme sur Twitter ? J’ai noté que tu avais plein de fidèles ♀), surtout avec les « sujets de thèses » (les phrases courtes mi-sententieuses, mi-négligé-l’air-de-rien te réussisent).
    L’accroche est fabuleuse, on est pendu à tes pas !

  2. frichtre said, on 21 septembre 2009 at 9:39

    Dans une autre vie j’ai peut-être été publicitaire ou homme politique. Mais il est vrai que je trouve que les courts textes et/ou les aphorismes expriment davantage de choses que de longs textes ennuyeux.

  3. Madame Kévin said, on 22 septembre 2009 at 7:10

    Quelle triste nouvelle !
    Il ne reste plus que le sexe alors…


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