Garçon, de quoi écrire

N’est pas salaud qui veut

Posted in Le monde est plat by frichtre on 30 septembre 2009

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Me r’voilà.

Pas tout à fait remis de ma soirée de la veille, je tente une nouvelle sortie dans le monde. Le monde, pour moi, c’est tout sauf les humains. Toutes les villes seraient tellement plus belles sans l’ombre d’un gamin, d’un roturier ou d’une bonne sœur sermonnant l’adolescente en mi-bas et mini-jupe. D’ailleurs, pas mal la minette, jolies jambes, belles couettes, une chute de reins comme je les aime et un aller-retour sur le chemin de l’orgasme… Malheureusement, je vais devoir attendre qu’elle atteigne ses 18 ans. Saloperie de morale !

Là, tel que vous me voyez, je pars rejoindre Izzie et Madame Kévin. Deux filles, deux sœurs pas mal gaulées. Elles m’ont donné rendez-vous à La Palette pour savoir si je pouvais être encore plus salaud. C’est que c’est un métier. Je leur explique qu’on ne le pratique pas vraiment consciemment. On est salaud ou on ne l’est pas. Ça fait parti des rares qualités à être innées chez un homme. Madame Kévin me plante un commentaire pas désagréable : « Vous êtes salaud parce qu’on le veut bien ! » Non. « On est salaud parce que vous le valait bien« . Izzie me balance son verre de blanc à la tronche. Je mouche pas. Et je lui rappelle qu’on peut même l’être deux fois de suite avec la même fille… et pas forcément une cruche. Elles ne me croient pas. Pari tenu.

À la terrasse du fameux café de la rue de Seine, Izzie me file sont laptop. Elle l’allume et lance msn messenger (Le gadget des ados en manque de communication). Paf, sous mon nez, elle me demande de me connecter sous mon login. Ni une ni deux, LOGIN : frichtre@wordpress.com PASS : ******. Connecté, elle ajoute dans mes contacts l’identifiant de l’une de ses connaissances. Pas vraiment amie parce qu’elle ne lui veut pas de mal. Pas vraiment ennemi, parce que ce n’est pas à moi qu’elle veut du mal. Avenante cette Izzie n’est-ce pas ? Liminaire de ma mission : « Trouve n’importe quelle excuse pour la brancher et sois toi-même !« . Ça par contre, pensé-je, ce n’est pas un compliment !

Par bonheur (ou malheur, je ne le saurai qu’à la fin de cette histoire) cette personne est connectée et accepte mon invitation. Je lui dis que je suis un bêta-ami d’Izzie, qu’on discutait EN BIEN d’elle et que la description qu’Izzie en faisait était assez réjouissante pour vouloir la connaître. Épreuve ultime : ma photo, prise avec la cam de l’ordi, envoyée à son destinataire, reçue/acceptée/approuvée par la communicante inconnue. OUF. Nous discutons de pas mal de choses. Nos passions, nos amis, nos livres, nos métiers. J’apprends qu’elle bosse dans une galerie d’art. Merde. Pour le coup, je ne suis vraiment pas calé en la matière. Le nu OK, ça me connait. Mais le fauvisme, surréalisme, orientalisme, contemporain, pour moi c’est de la haute voltige. Voilà qu’elle embraye sur Combas. Merde ! La chance me sourit. J’ai passé ma soirée de la veille à écrire un papier sur le prolifique dans le domaine culturel.  J’ai donc lu, vu, relu, reluqué les œuvres de Combas jusqu’à ses dernières toiles. Je lui sors ma science, elle est épatée, je lui lance une invitation : « Ce soir, chez moi, autour d’un apéro – toujours plus agréable que pianoter sur un clavier et on y passe le même temps« . Mon cœur se serre, j’ai la pression, deux spectatrices derrière moi, et une réponse : « Avec plaisir. Quelle est ton adresse ? » « Je t’attendrai dans 15 minutes à la sortie de la Station Saint-Sulpice » « À tout’, au fait ton prénom » « Adam« . Je ne lui demande pas le sien, ça ne m’intéresse pas.

Ensuite, tout va plus vite. Izzie est sidérée. Elle ne la connaissait pas comme ça. Madame Kévin planifie la mission et me donne rendez-vous à 22h30, soit dans 2h, Chez Georges, rue des Canettes, notre QG.

J’approche de la Station-Sulpice. Je ne sais pas à quoi elle ressemble. Sa photo, son prénom ne me sont guère utiles. Les prénoms ne servent qu’à classifier ses connaissances dans la longue liste de son répertoire. Sa photo, pour peu qu’elle ne soit pas photogénique, ça me découragerait. Pour peu qu’elle soit vraiment moche, je me rappelle que ce n’est qu’un pari.

D’assez loin, je remarque une fille, les deux mains tenant l’anse de son It-Bag, les pieds joins délicatement installés dans de jolies mocassins,  une petite jupe verte et blanche rayée lui tombant à peine en dessous des genoux et un top léger, blanc, aux manches dépassant à peine les épaules. Ses cheveux sont fins, châtains, longs et simplement attachés. Son nez est petit, sa peau est blanche, ses lèvres divinement dessinées. Seul bijou : deux épingles à nourrice, l’un en or blanc et l’autre en or jaune. Oups. Je crois qu’Izzie m’a joué un sale tour là. Sublime.

Je ne me démonte pas.

Des jolies femmes, j’en ai eu plus d’une.Le problème est que l’on a plus de chance d’avoir des remords à jouer les salauds.

Je m’approche d’elle, je sais que c’est elle, on se fait la bise et on ne traîne pas en palabres dans la rue. Une fois installés au fond du canapé, on reprend la discussion sur Combas. Elle est étonnée que j’en sache autant et je la rassure quant à mes compétences intellectuelles. Ce ne sont pas les seuls avantages que je peux offrir à une femme. C’est à son tour de ne pas se démonter. Elle ne relève pas la réflexion et retire ses mocassins pour s’installer confortablement. La vie est faite d’occasions alors je me sers de son déplacement pour attraper son pied, un 36/37 à tout casser, pour la détendre. Elle s’allonge, les mains sur le ventre, les yeux fermés, les jambes légèrement pliées mais toujours serrées. Les lois de la gravité m’aident sur le coup en faisant retomber du mieux qu’elles peuvent la jupe jusqu’au milieu des cuisses.

Après un massage appuyé de ses pieds, tout s’enchaîne. Ça s’emballe. On s’emballe.

Puis elle m’arrête en plein préliminaire pour me dire qu’elle n’est pas comme ça. Que c’est la première fois qu’elle se laisse inviter chez un garçon qu’elle ne connaît pas, qu’il faut la comprendre mais qu’elle aime ce qu’il lui arrive. Qu’elle aime ce que je lui fait et elle se tait. Préliminaire accompli, un missionnaire (le propos est plutôt bien choisi pour l’occasion), la jupe sur les hanches, la micro-culotte décalée sur la droite et ni une ni deux ça part dans les aigus.

Il est 22h11.

Je me rends compte que c’est une sacré garce et que ce fut une sacré baise. Mais pas le temps de me laisser prendre par les sentiments, Madame Kevin m’attends. Cette fois-ci tout en prenant le temps de choper les preuves de ma nouvelle gloire, j’invite Mademoiselle X à me suivre Chez Georges. Il y a des amis et je lui promets que l’on a toute la nuit devant nous. C’est heureuse et enthousiaste qu’elle accepte une nouvelle fois mes dictats.

Arrivés Chez Georges, je la présente à Madame Kévin et à Izzie qui se connaissaient déjà. Plus le droit de fumer dans la cave ? Qu’à cela ne tienne ! J’irai fumer dehors : « Je reviens, à tout de suite. »

Nous nous sommes revus 6 mois plus tard dans les toilettes de l’Hôtel du Louvre.

Alors, pari gagné ?

14 Réponses

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  1. julie adore said, on 30 septembre 2009 at 1:02

    que tu écris bien!

    • frichtre said, on 30 septembre 2009 at 1:45

      je n’ai pas le droit de rougir ! mais je le fais quand même.

  2. Madame Kévin said, on 30 septembre 2009 at 4:49

    Pari gagné ! Faut-il dire « haut la main » ?…

    • frichtre said, on 30 septembre 2009 at 6:02

      C’est à partir de ce moment là qu’il sait qu’il finira vieux garçon…

  3. une blonde dans la ville said, on 30 septembre 2009 at 5:02

    Voilà qui donne raison à mon dicton de toujours « il n’y a pas de salauds, il y a des hommes, c’est tout »
    (et puis entre nous, les filles sont souvent garces alors ça équilibre la partie)

    • frichtre said, on 30 septembre 2009 at 6:02

      voilà toute la justesse de la notion.

  4. Izzie said, on 30 septembre 2009 at 5:10

    Pari gagné. Et dans 6 mois encore?

  5. frichtre said, on 30 septembre 2009 at 6:03

    je pense qu’il y aura d’autres victimes entre temps.

  6. Thé Citron said, on 5 octobre 2009 at 1:25

    Je suis d’accord avec Une blonde dans la ville.
    Les mecs ne seraient pas des salauds sans les « filles faciles » etc.
    C’est juste que nous les filles on n’assume pas ou alors il nous faut un peu de temps.
    En tout cas, j’aime beaucoup ta façon d’écrire.

    • frichtre said, on 5 octobre 2009 at 1:52

      je remplacerai fille facile par fille fragile

  7. une blonde dans la ville said, on 5 octobre 2009 at 1:56

    Thé citron : par garce je n’entendais certainement pas filles faciles, à mon avis, ça n’a rien à voir (en tout cas dans mon univers sémantique à moi que j’ai)
    Mais j’aime qu’on soit d’accord avec moi néanmoins😉

    • frichtre said, on 5 octobre 2009 at 10:40

      Nous sommes toutes et tous du même avis que le tien, mais où est la blonde des champs ?

  8. une blonde dans la ville said, on 6 octobre 2009 at 6:00

    La blonde des champs ? C’était ma méchante jumelle, je l’ai donc faite emprisonner

    • frichtre said, on 7 octobre 2009 at 2:12

      tu as raison ! on n’a pas besoin de la blonde non civilisée.


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