Garçon, de quoi écrire

Toy boy

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 7 octobre 2009

Lire avant Madame Kevin, In a sentimental mood #4

Il n'en faut pas plus à Laura pour remplir la pièce de sa présence.

« Je suis un Kennedy ! Et ma chute sera brutale ! Comme celle des Kennedy ! Toi, par contre, tu es aussi une Kennedy. Mais les Kennedy par alliance. Les Kennedy salopes. Celles qui chopent les amants/époux/hommes des autres, un peu comme Jacky qui a volé Onassis à Maria Callas ! Tu sais que ça l’a tué la pauvre Maria ? Tu sais qu’elle était tellement abattue que LA Callas passait ses Noël toute seule ? Rends toi compte que tu fais pareil. Tu papillonnes avec les hommes tout en te fixant avec un pauvre aristocrate ruiné RMIsé à l’ANF. La lente destruction de la diva, finalement, on te la doit ! C’est toi qui a tué Maria Callas !  Une Kennedy ! Je ne te le pardonnerai jamais ! »

« Pauvre fou » me répliqua-t-elle. Mais je savais que j’avais raison. Toutefois, je n’irais pas jusqu’à dire que Laura a tué Maria Callas mais l’esprit est là. Elle est au dessus de moi faisant semblant de me maîtriser. Les femmes ont tant à apprendre des hommes. Elles pensent invariablement que bander est un signe de flatterie à leur égard, une preuve d’affection réfléchie ou encore une soumission à leur désir. Or, malheureusement, c’est plus automatique que ça. C’est notre simulation à nous. On bande un peu quand on veut sans pour autant prendre du plaisir. On éjacule aussi un peu quand on veut sans pour autant jouir. Ce sont dans ces automatismes que nous leurrons avec délice ces femmes qui pensent avoir le monopole de la comédie amoureuse, voire orgasmique. C’est idiot pourtant d’imaginer qu’un homme serait aussi binaire que bande-bande pas, synonyme de jouit-jouit pas. Je m’apprête à en faire la démonstration.

Tandis que Laura est à califourchon sur moi, son téléphone sonne. Surprise, elle relève la tête, bousculée par cet élément extérieur qui vient perturber ses plans. Je m’empare de cet allié pour lui attraper les poignés et l’installer durement, à son tour, sur le dos. Ses cheveux recouvrent son visage. Elle agite la tête pour tenter de se dégager un angle de vue lui permettant d’analyser mes moindres faits et gestes. Hystérique, elle n’y arrive pas. Elle se calme. Elle se reprend, recommence et grogne. Désarmée, cette conseillère technique si habile avec les mots et les sophismes devient subitement débutante avec ses sentiments. Sans savoir ce qu’elle doit faire, elle stoppe ses gesticulations désordonnées.

– Julien

– Oui

– Lâche moi

– Assurément

– C’est vrai ?

– Non

– Julien

– …

– Je m’en veux…

– De quoi ?

– De tout, de rien, même si je n’oublie pas que le salaud c’est toi dans l’histoire, je m’en veux…

– Ce ne sont pas des choses à dire dans ta position

– Tu bandes toujours… qu’attends-tu pour me baiser ?

– Mais je n’ai pas envie de te baiser !

– Je sais que tu veux me prendre, ça se voit, ça se sent, je le sais.

– Amen

– Tu n’as presque rien à faire. Je me laisserai faire. Je te rendrai la tâche plus facile. Je ne lutterai pas. Au contraire. Je sais que tu prendras soin de moi, de mes envies. Je sais que tu te rappelles mes préférences. Tu connais mon corps. J’ai envie du tien. Pourquoi nous priver l’un de l’autre ? Je te l’interdis ! Je t’interdis de ne pas me sauter !! Sur le parquet, sur le tapis, sur le bureau, sur la chauffeuse, sur mon fauteuil, sur mon bureau, dans la salle d’eau, face à la fenêtre, où tu veux. Tu peux me prendre où tu veux comme tu veux. Tu sais ce que je porte ?

– …

– Un boxer… Je sais que c’est ce que tu aimes… Tu sais ce que je porte encore ? Bon, ça, tu l’as vu !

– …

– Des chaussettes hautes… les hommes mal avertis les prennent pour des bas. Mais tu as vu ce petit nœud ? Je trouve ces chaussettes hautes tellement plus jolies et sexy que de vulgaires bas. Je trouve que les bas ça fait vraiment salope, n’est ce pas ?

– …

– Mais dis quelque chose ! Tu me veux ? Moi je te veux en moi, te sentir. Laisse moi toucher ta poitrine, tes fesses aussi, ta joue, ton ventre. Laisse moi enfin t’embrasser.

La tension monte. Je ne réponds pas à ses avances. Mes mains ne se déverrouillent pas et emprisonnent toujours Laura. Délicatement, mon visage se rapproche du sien. Son souffle caresse mon visage. Mon nez dégage peu à peu les cheveux de son visage. Peu à peu, je me rends compte que résister sera une mission terriblement difficile. Je laisse mes lèvres parcourir son front, descendre sur sa tempe jusqu’au coin de sa bouche. Ma prisonnière lance une première tentative d’OPA sur ma langue. Loupée. Mon entreprise poursuit son développement seule, étape obligatoire : conquérir le marché des oreilles, du menton et du cou. Je prends facilement des parts de marché et je deviens un monopole sur un secteur où aucun concurrent ne vient me faire de l’ombre. Laura se soulage peu à peu. Sa respiration s’accélère. J’entends son souffle qui, ostensiblement, tente de doper mon désir. Mes jambes sont entre les siennes. Je les écarte doucement ce qui, inévitablement, retrousse sa jupe. Celle-ci s’arrête au niveau de ses hanches, elle ne m’a pas menti : son boxer est divin. Je crois que si j’avais loupé mon train du matin, un autre homme aurait défait les nœuds de ces chaussettes hautes. Dès hier soir, elle était préparée à ce moment. Mon égo en prend un coup.

Laura ferme les yeux. Complètement soumise à mes désidératas, elle en oublie que ses mains sont libres. Les miennes se baladent sur ses seins, bifurquent sur son ventre, se posent sur son sexe chaud. Elle maugrée des mots incompréhensibles tout en se tortillant, en se laissant faire comme si, en face d’elle, cet homme ne l’avait jamais quitté et lui avait fait l’amour la veille.

Les sourires extatiques de Laura

Les sourires extatiques de Laura

Je suis déjà debout. Seule sur le sol, ses doigts ont repris le relais s’activant sur son clitoris.

– Juliiiiiiieeeeeeeeennnnnnnnnnnn!

Mon prénom résonne dans tout Matignon.

Son image n’est plus qu’un souvenir. Je suis sorti du bureau.

12 Réponses

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  1. FaFa said, on 8 octobre 2009 at 7:22

    Magnifique !

    Oui je ne trouve que ça à dire ! Je me doutais qu’il y en aurait un qui prendrais le dessus !

    • frichtre said, on 8 octobre 2009 at 7:05

      Merci mais Laura a relancé la partie. Elle ne lâche rien !

  2. Thé Citron said, on 8 octobre 2009 at 11:52

    Quel revirement de situation !!
    Il est où le temps où il était si peu sûr de lui lors de la réunion ? Il est où le temps où elle le dominait!?

    • frichtre said, on 8 octobre 2009 at 7:06

      Bien entendu je pourrais dire qu’il n’a jamais été dominé… juste déstabilisé… mais je serais alors un peu de mauvaise fois😉

  3. Madame Kévin said, on 8 octobre 2009 at 12:36

    Laura arrive…

    • frichtre said, on 8 octobre 2009 at 7:07

      Laura s’accroche !

  4. kabotine said, on 8 octobre 2009 at 2:39

    J’adore les sourires extatiques de Laura qui dédramatisent l’ensemble…
    Je cours chez Laura, tiens, voir comment elle s’en sort …

    • frichtre said, on 8 octobre 2009 at 7:08

      Moi aussi je les aime bien, ça prouve qu’il n’y a pas que de la souffrance et de la frustration dans cette histoire !

  5. Izzie Mamour said, on 8 octobre 2009 at 7:51

    Moi ce sont les chaussettes à nœuds et Victoria’s Secret que j’adore. Les extases je ne les trouve pas vraiment souriantes.
    Est ce que le jeu et la stratégie auront raison de la frustration? De la nôtre en tout cas?! Je pense que la souffrance est un sentiment passé, on n’en est plus là.

    • frichtre said, on 9 octobre 2009 at 1:17

      j’adore les chaussettes à nœud ! Mais bon, on me reproche d’être un homme.

  6. FaFa said, on 8 octobre 2009 at 8:25

    C’est ça qui est fort c’est qu’à chaque fois y en a un qui relance le truc !

    • frichtre said, on 9 octobre 2009 at 1:19

      Ça fait un peu tapinage non ?


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