Garçon, de quoi écrire

On peut toujours rêver !

Posted in Le monde est plat by frichtre on 13 janvier 2010

C’est triste, c’est comme ça, pas autrement, ni comme j’en rêvais, pas loin du but pourtant, mais qu’est ce que t’as foutu ? Sale type !

Une chose est sure : quand cela ne fonctionne pas, pas la peine de se creuser les méninges : c’est de ma faute. J’l’ai toujours su.

Une fois au collège, c’est parce que je n’avais pas encore de barbe. Je me souviens de ce mec, Basile. Il sortait avec toutes les filles de l’école. Quand elles lui faisaient la bise on les entendait gémir : « Oh, ça pique! ». Bien sur, Basile ne tardait pas à souligner sa virilité naissante : « C’est normal, c’est ça les hommes ! »

Et moi ? Je n’étais pas encore assez un homme pour sortir avec Marie ?

Une autre fois, en colonie, Myriam. Tout le monde pensait Myriam, rêvait Myriam, parlait de Myriam et se touchait Myriam. À 13 ans, elle était plus grande que tous les garçons, plus expérimentée aussi. Alors que je descendais dans sa chambre, je me suis retrouvé nez à nez avec elle. Debout, droits comme des piquets, nous nous mîmes à nous embrasser. Avec la langue. De droite à gauche. De gauche à droite. Les yeux fermés. Les yeux ouverts. Les mains sages. Le reste aussi, trop angoissé à ne pas faire d’erreurs. Deux jours plus tard elle me largua au motif que je ne savais pas embrasser. Cet échec, c’était une nouvelle fois de ma faute.

L’adolescence ressemblait à toutes ces autres années, entre 3 ans (âge à partir duquel on acquière une certaine conscience, des souvenirs dirais-je) et 14 ans. Tous mes échecs, je me les devais. C’était au tour de Laura de me le faire comprendre. Jamais dans la même classe, je l’avais remarquée dans la cours du lycée. Alors qu’elle bifurquait vers la voie littéraire, les sciences m’évalueraient plus objectivement. Sa meilleure amie devint à la fois ma camarade de classe et mon entremetteuse. Toutefois, je constatais que l’adultère n’était pas une pratique qu’exerçait Laura. Je l’appris à mes dépens. Où est mon échec ? Tout simplement dans mon incapacité à la convoiter, à la charmer, tout simplement à faire connaissance. Imaginez-vous : cette fameuse camarade de classe m’arrangeait des rendez-vous avec sa meilleure amie. Alors que Laura acceptait et m’attendait sur un banc, je me vois encore la regarder à travers les vitres de l’escalier du bâtiment B.

Je ne parle même pas de l’âge adulte, où je m’entraîne davantage à fuir les sentiments que j’éprouve et à capter ceux des femmes qui me laissent indifférent.

Conscient de mes imperfections, j’enchaînai une période calme, sans relation, sans histoire, sans attente. Puis un jour, j’ai bien cru que le mauvais sort que l’on m’avait jeté s’était estompé. Elle était belle, intéressante, intelligente, souriante. Puis un jour, j’ai su qu’il était toujours présent ce mauvais sort et que s’il ne partait pas, ça aussi, c’était de ma faute.

5 Réponses

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  1. Sofiadomar said, on 13 janvier 2010 at 12:56

    C’est touchant un Homme à découvert !🙂 …

    • frichtre said, on 13 janvier 2010 at 1:03

      C’est de ma faute non ?😉

  2. Sofiadomar said, on 13 janvier 2010 at 1:22

    Que l’on me jette la première pierre !🙂 …

  3. See Mee said, on 15 janvier 2010 at 2:33

    Et bien mince alors ! Je me demande si tu parles vraiment de toi ?

    • frichtre said, on 16 janvier 2010 at 6:25

      malheureusement oui…😦 on peut pas tout avoir dans la vie😦


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