Garçon, de quoi écrire

Le féminisme est mort ! Vive le féminisme !

Posted in Le monde est plat by frichtre on 8 mars 2010

Que ce titre doit faire polémique ! Non, le féminisme n’est pas mort, mais elle revêt actuellement une définition archaïque, à l’image des mères nourricières de ce mouvement ! Comment penser que les initiatives nées lors de la révolution française, prônant des valeurs sociales et politiques élevées, lovées dans les droits fondamentaux, puissent encore avoir du sens ?

Olympe de Gouges partageait-elle les mêmes visions que Simone de Beauvoir ? Cette dernière était-elle du même bois que Simone Veil ou Elisabeth Batinder  ? Ces deux grandes intellectuelles sont-elles les inspiratrices des mouvements Chiennes de garde ou Ni putes, Ni soumises ?

À mon sens, chaque génération de femmes développe sa propre conception du féminisme pour tendre toujours un peu plus vers une égalité réelle et vécue des genres.

Je suis moi-même féministe à l’idée même de repenser aux difficultés sans nom qu’éprouvait Marie Curie à l’occasion de ses recherches. Une femme mise au ban de la communauté scientifique : Prix nobel de physique en 1903, Prix nobel de chimie en 1911, transférée au Panthéon en 1995.

Le féminisme, c’est l’action, l’action revendicative. Le féminisme, ce n’est pas penser qu’il est anormal que les femmes ne puissent prétendre aux mêmes droits que les hommes, c’est agir pour dégager – avec les opinions les plus nobles et les qualités les plus rares – ceux qui raflent indûment les privilèges et les fonctions.

Le féminisme, c’est la réflexion, la réflexion militante. Le féminisme, ce n’est pas croire qu’il suffit d’être une femme pour s’imposer dans les conseils d’administration, les hémicycles parlementaires ou les hautes fonctions publiques, c’est réfléchir à la manière de parvenir à des représentations des genres équilibrées et naturelles. Mon postulat repose sur les principes de la probabilité, et dans notre exemple, in fine, rien n’est improbable. En effet, si l’on prend une pièce de monnaie et que nous la lançons, mettons, 577 de fois. Nous obtiendrons, bon an mal an, 288 fois pile et 289 fois face. Remplacez les côtés de la pièce de monnaie par les sexes, et le nombre de tirage par le nombre de siège à l’Assemblée nationale, c’est grosso modo la répartition naturelle que nous devrions atteindre si les lois de la nature étaient respectées : 1 député sur 2 devrait être une femme. J’applique ce principe à tous les métiers, à quelques exceptions près du fait de variables aléatoires (profil des métiers, sociologie, etc.).

Aujourd’hui, très clairement, ce pour quoi il faut se battre, ce n’est pas contre la domination masculine (qui existe toujours dans toutes les strates de notre société occidentale), mais pour permettre aux femmes d’exister et de s’épanouir, individuellement (Je pense que cela pourrait se résumer de cette manière en enfermant toutes les notions relatives aux problèmes contemporains que les femmes rencontrent quotidiennement et qui seraient trop long à expliquer ici).

Enfin, pour que ce billet ne soit pas trop long, je finirai par dire quelques petites choses. Il ne faut pas que le féminisme soit le pendant du sexisme et de la misogynie. Non pas que j’ai personnellement peur d’affronter les affres d’une femme dirigeante me reluquant les miches pendant que je lui servirais le café tout en écoutant ses blagues grivoises. Non pas que les femmes n’aient pas le droit de pester contre la domination masculine. Mais bien parce que tous les mouvements fondateurs d’un renouveau se perdent, se terrent, se développent et s’expriment dans leurs excès.

8 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Antoine said, on 9 mars 2010 at 10:58

    Bon article!

  2. Madame Kévin said, on 9 mars 2010 at 1:59

    Très souvent, aujourd’hui, on associe le féminisme au pouvoir et à sa conquête. D’où les débats sur la parité, par exemple.

    Personnellement, je préfère conjuguer le féminisme avec l’émancipation, la liberté, l’indépendance, l’insoumission.

    La question de l’indépendance, c’est d’abord celle de l’individualisation du statut de la femme qui n’est plus « la fille de… » ni « la femme de… ». Avant que ne se pose la question de l’accès au pouvoir, l’égalité fondamentale est là : dans la reconnaissance de chacun comme individu, quel que soit son sexe. Dans la capacité à pouvoir faire des choix de vie (scolaire, professionnelle, familiale, sentimentale). Et, in fine, dans la possibilité de se lancer – ou non – dans la conquête du pouvoir en sachant que le pouvoir peut, aussi, être une servitude.

    • frichtre said, on 24 mars 2010 at 11:15

      je souscris complètement à ton idée. j’ose imagine que le féminisme est le combat pour défendre les libertés des femmes et non conquérir le ou les pouvoir(s)

  3. Madame Kévin said, on 9 mars 2010 at 7:12

    Sinon, je veux bien endosser le rôle de la femme dirigeante qui te reluque les miches.

    • frichtre said, on 24 mars 2010 at 11:15

      passe au bureau ma biche !

  4. MédiaMetzAge said, on 14 mars 2010 at 10:36

    Un petit bonjour d’un (je te cite) « con » que tu bloques sur Twitter🙂
    A la lecture de cet article, on a au moins un point commun !
    Bonne continuation

    • frichtre said, on 24 mars 2010 at 11:17

      celui d’être un con ?😉
      merci pour le commentaire


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :