Garçon, de quoi écrire

Faveur amicale entre adultes

Posted in Uncategorized by frichtre on 7 octobre 2011

Je suis journaliste, écrivain et critique littéraire. Je cumule les mandats.

Je ne saurais même pas définir mon travail. Je rencontre des auteurs. On discute de leurs écrits, de leurs pensées. Je les lis aussi parfois, jamais entièrement. En tout cas, je sais ce qu’ils rapportent. Quand je dois en interviewer un, c’est la panique. Pas quand c’est une femme. Si c’est un jeune romancier, il n’y a pas long à découvrir. Dans le cas contraire, mes nuits passent à la trappe. J’enfile des pages et des pages, des mots et des mots, je les lis sans vraiment les comprendre. Je corne les feuilles pour feinter ma lecture, mais après vérification, je me rends compte qu’il vaudrait mieux renoncer à l’entrevue.

Mais le naturel revenant au galop, mon rendez-vous s’annule de son propre fait. En quatre ans de critique, je n’ai eu l’occasion de partager les envies que d’une seule romancière. En quatre de critique, je n’ai jamais pensé un seul instant qu’elles pouvaient être positives.  Quand on ne sait pas, on imagine. Il y a de très fortes chances que les coïncidences frôlent l’insolence, c’est d’ailleurs le cas. Mais il est en fait plus simple de maltraiter une nouvelle parution, que de la féliciter. Ensuite, on se souviendra plus spontanément du critique nous ayant descendu, que du gentillet naïf trop complaisant. Tout cela reste très égoïste encore une fois. Mais à chaque défaut est lié inexorablement un souvenir le justifiant. Consciemment ou inconsciemment.

Un défaut paraît à chaque instant comme la résultante d’une frustration. L’éducation ne changera absolument rien à ces états, voire au contraire, dans certains cas, amplifiera les imperfections. Il y a des défauts où l’on s’accorde à dire qu’ils sont à bannir, car bien trop peinant pour l’entourage, pour soi-même aussi. D’autres, selon notre moral, se classeront indifféremment comme bons ou mauvais. La gentillesse peut être une infortune pour une personne trop ouverte ou trop confiante. A en distribuer sans quotas, elle se retrouverait dans l’embarras. L’honnêteté est à inclure dans cette catégorie de qualificatifs dont les excès nous perdent. On a souvent défini mes articles comme, je cite : « Vides, sans intérêt, idiots, sirupeux, mensongers » je m’arrête là pour ne pas être à mon tour vulgaire.

Voilà ce que je me reproche : être trop gentil et trop honnête.

D’ailleurs,  lors d’une soirée au détour d’un table où les bouteilles d’alcool se vidaient aussi vite que ma vessie, une très jolie femme m’a soufflé un compliment en teinte de demi reproche : « vous êtes trop beau pour être honnête ». Je n’ai pas eu assez de temps pour lui prouver ma gentillesse, mais je reste persuadé qu’elle avait raison. Ne devait-elle pas me connaître. Alors quelques minutes plus tard, je lui laissais l’occasion après ces flatteries de s’en rendre compte par elle-même. Un manège a été orchestré pour se retrouver dans l’espace de charmant cabinet. Une fois prêt à recevoir d’autres compliments, elle ne perdit pas de temps à défaire ma ceinture. Ses lèvres actives sur les miennes paralysées, elle força l’entrée de ma bouche pour nouer nos langues au goût de vodka pur. Mes mains se perdaient sans romantisme sur ses petits seins refaits (je l’apprenais sur le moment) avec pour étape de passer violemment sous sa jupe. Je la plaquais sauvagement contre la porte. D’un regard satisfait, comme si nous avions déjà terminé, elle s’éloigna de moi pour avoir suffisamment d’espace afin de se rendre à mon endroit le plus intime. J’hésitais à m’asseoir, pensant lui faciliter le plaisir. L’était-ce vraiment pour elle ? Je m’en souciais guère. Je décidais donc de rester débout, mon pantalon sur les chevilles. Elle me crucifiait. Ma position l’avouait.

C’est qu’elle savait s’y prendre la bougresse.

Une fois sa besogne accomplie, elle se leva pour m’embrasser comme si l’on était amoureux. Cependant, rien n’est totalement gratuit, et surtout pas une fellation. Alors cette jeune fille m’invita à m’asseoir afin de se prêter à de pénétrantes preuves d’affections. Je la bougeais lui réclamant un endroit plus confortable. Elle prit alors position, les mains plaquées contre le mur, ses fesses me réclamant une attention particulière, le visage tourné vers moi, les yeux fermés.

Je sortis.

Arrivé à ma table, une coupe à la main pour me soulager, je la vis surgir. Elle semblait en colère. Elle me gifla, ce qui attestait ma perspicacité. Une flopée d’insultes me submergea. C’était à peu près ce que l’on pensait de moi, les « salaud » en moins.

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