Garçon, de quoi écrire

Figure libre

Posted in Uncategorized by frichtre on 27 juillet 2010

yep yep yep ! non non non non ! qu’est ce que tu fais là mec ? Tu ne devais pas être de sortie ?

L’air absent, Colin ne réagissait pas. Tout juste semblait-il maugréer dans sa barbe jusqu’à ce qu’Alexander entendit un son.

Non je suis resté  à la maison. Mais ça va, ne t’inquiète pas. Plutôt que si j’m’inquiète ! et que fais tu avec cette bouteille à la main ? Je la bois. Enfin, je crois. Laisse moi regarder veux-tu ? Mais pourquoi veux-tu prendre ma bouteille, occupe toi de la tienne ! Tiens, au lieu de m’emmerder, tu ferais mieux d’en prendre une dans la glacière. Le frigo marche plus. Tu sais que je ne suis pas bricoleur, alors j’ai plongé les bouteilles de bière dans la glacière. Mais tu sais qu’il faut y mettre de la glace, dans la glacière. Sinon ça ne sert à rien. Bah tu vois, j’t’ai pas menti. Je ne suis vraiment pas bricoleur. Je ne suis pas grand chose finalement. Je n’ai pas fini la fac. Je n’ai pas de boulot depuis… depuis… bah depuis toujours. Merci Papa. Merci Maman. L’autre pouffe est partie avec l’autre con. Mon proprio me harcèle pour ses loyers ! Mais regarde dans quel état est cet appartement ! Je ne vais tout de même pas lui filer un rond ! Mais je ne comprends toujours pas pourquoi tu es là. Bah si. Bah non. Bah si en fait. Quand tout va mal, tu commences par te dire que ce n’est pas grave. Tu sais que plein de gens sont encore pire que toi. Quand tout empire, tu sais que là, ça va vraiment mal, mais tu ne désespères pas. Mais quand t’arrives à désespérer, c’est vraiment que tout fout l’camp. Et là, tout fout l’camp ! C’est pas une raison. Si si mon grand. C’est une raison ! et une bonne. C’est pas facile tu sais. Faut être un peu croyant dans l’histoire. Mais là encore t’es dans d’beaux draps ! Parce que si t’es pas croyant ! tu flippes de ce qu’il y a après ! Mais si tu es croyant, t’as plutôt intérêt à mériter ton bout d’paradis. Tu risques pas de l’avoir comme ça ! C’est bien ça l’problème mon grand. Mais au moins, à Dieu, j’ai pas de dettes. Juste une ou deux bricoles du temps où je chipais dix balles à ma mère. Ne dis plus de conneries et rentre maintenant. C’est haut. Tu risques de tomber maintenant. Et si je sautais ? File moi ta bouteille d’abord, rentre et après tu pourras essayer de sauter du haut de ton lit ! mais là, t’as au moins 30 mètres sous tes pieds. fais pas le con et rentre maintenant ! Ce que j’aime bien avec le vide, c’est que personne peut l’emmerder. T’as beau frapper, tu lui feras jamais mal au vide. À la limite quelques poussées d’air, mais rien de bien méchant. Donc au moins, pour mourir, je sais que je n’emmerderai pas le vide. Le vent me fouettera juste un peu le visage. Légèrement. Rapidement. Bon, déconne pas. Rentre et on discutera de tes problèmes. En plus j’en une bonne à t’raconter ! Elise ! Tu t’rappelles d’Élise ? Bon, rentre maintenant. Je crois que j’ai été trop longtemps seul.

non non non non !

Et il chuta d’un étage trop haut pour rendre sa chute sans douleurs. Sous les yeux de son ami, il ne se retint pas à la vie car lui même savait qu’elle ne tenait à rien.

Le mensonge

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 25 juillet 2010

Le mensonge ressemble, peut-être à jamais, au mensonge. Pas le temps de mentir quand ils ne se voyaient pas. Le silence est une vérité ou un mensonge ? Peut-être les deux en même temps. Ne pas vouloir mentir en se taisant esquisse une vérité non avouable. Pas question de tourner autour du pot.

« Ça fait trois mois que je te trompe et j’en suis désolée. Vraiment désolée. Je ne vais pas partir dans les banalités mais cette période m’a totalement troublée. C’est vrai je t’ai trompé pendant trois mois, mais c’est toi que j’aime. Si je t’ai trompé, c’est parce que je t’aime. Tu me crois au moins ? Je l’ai rencontrée il y a quelques temps, dans un café. On s’est mise à discuter, puis on se voyait de plus en plus souvent. Je l’ai invitée et je me suis prêtée à quelques expériences. Je l’ai fait pour nous tu sais. Je ne comptais pas te le dire. Je ne voulais pas que tu le découvres non plus. Tu les entends ces e ? ils sont muets. Comme toi. Tu es muet. Tu les entends ces e ? Ce e féminin. Oui, aussi étrange que cela puisse te paraître, je t’ai trompé avec une femme. J’espère que tu ne m’en veux pas Colin ».

L’aveu fait front à Colin. Il attrape Chloé par les épaules, fermement, il les presse. Elle ne se plaint pas. Lui non plus. Trop de boulot, pas assez de temps, s’émerger dans ses écrits, plutôt que dans ces bras, des excuses inqualifiables pour une attaque minable.

Chloé semblait croire à une rédemption, mais elle s’est trompée.

Jeux interdits

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 21 juillet 2010

Elles se sentaient sœurs. C’était incestueux. Désespérément proches, elles évacuaient leurs peines en se touchant, en expérimentant la douceur d’une autre femme.

Les femmes sont douces, présentes, sensibles. Leurs mains survolent un corps sans l’empoigner ni l’étouffer. Leur regard ne se fige pas, elles explorent leur partenaire par les lucarnes de leurs jouissances. La réciprocité d’un orgasme tend à faire prendre conscience qu’il ne vaut que partager. Tant pis s’il est décalé mais inexistant c’est inexcusable. Si les femmes veulent tant faire l’amour dans le noir, c’est pour éveiller les sens de leur partenaire. Les hommes, trop manchots pour les découvrir d’eux-mêmes, ne se fixent plus sur un objet particulier, sur une partie précise et enviée du corps. Dans l’obscurité, ils sont obligés de parcourir le corps de ces femmes afin de redécouvrir des moments, des gestes, des sensations, des courbes oubliées, inconnues ou négligées. Dans le noir, le temps ralentit, diminue de moitié et exorcise la psychologie menaçante aussi bien de l’homme que de la femme.

Les parfums se mélangent pour donner de l’unité au couple. L’odorat perce à jour l’exhortation du moment en reniflant allègrement les senteurs uniques de l’acte. Les attitudes romantiques s’effacent pour faire place à une brutalité exaltée et passionnée, relayant des cris alimentant l’excitation exacerbée du duo.

Une femme est mâture, fraîche sans complexe. Chloé a toujours été très proche de ses amies. Psychologiquement, elle les soutenait, les supportait en attendant un relais tendre et chaleureux. Des baisers s’échangeaient à la volée, traduisant l’amitié particulière vécue entre ce groupe de fille. Agathe en faisait partie, mais leur relation débordait encore d’étrangeté.

Pourtant, elle aimait Colin.

Son incapacité a géré sa relation l’asphyxiait.

Elle se voyait vivre à ces côtés, heureuse et folle. Elle n’aurait pas changé, évoluait peut-être, grâce à ce catalyseur, grâce à ses sentiments. Cependant, elle prenait ses distances pour se rapprocher d’une autre. Au début, c’était une connaissance, rapidement elle est devenue une confidente, elles étaient constamment ensemble, jusqu’à échanger quelques baisers. Lointaine, Chloé s’était laissée guider. Elle songeait curieusement à Colin. Chloé voulait qu’il se réincarne en cette fille. Pourtant elle aime son corps d’homme. Chloé était attirée par sa confidente parce qu’elle la trouvait complémentaire à Colin. Est-ce la seule raison ? Est-ce aussi égoïste que cela ? Certainement pas. Voyons ! Que peut bien faire Chloé couchant avec une autre ? Que peut bien faire Chloé se dotant de la personnalité et de la sensation d’un homme quand ce dernier touche une femme ? Elle ressent ces extases.

Elle a décidé de ressentir l’envie pressante d’un homme s’appliquant à rendre une femme heureuse, chaude, précipité de douleurs jouissives. C’est bien plus altruiste que Colin ne pouvait lui reprocher. Chloé, avec ses doigts, sa langue, avec son nez, sa peau, apprenait à conduire une femme au lit. C’est difficile de mener un corps aussi complexe à un stade voluptueux. D’autant plus que le corps d’une femme, qu’elle fasse l’amour, qu’elle baise ou qu’elle se laisse faire, emprisonne fermement son esprit. S’exciter sur une poitrine, la titiller est facile. Mais attendrir et décomplexer une femme en libérant ses pensées, pour qu’elle saisisse encore plus de plaisir, est bien plus compliqué que de la faire tomber amoureuse.

Le corps d’une femme est une carte unique sans indication ni légende. Il faut la découvrir et retenir l’emplacement de ses trésors. Chloé en était consciente. Elle voulait impérativement apprendre à mieux le guider.

Elle s’était faite malheureusement prendre au jeu.

Enfance

Posted in Le monde est plat by frichtre on 11 juin 2010

Notre vie est une succession de volontés, d’envies, de rêves qui s’entrechoquent laissant place à l’un ce que l’autre n’a plus de palpitant. Alors tout devient changeant, et l’expérience que l’on se fait de notre vie perd de son sens comme il peut en acquérir. C’est comme un disque qui se finit. Mettez du Carla Bruni et elle vous dira que c’est inexplicable voire inacceptable. Mais on souhaite tellement que notre vie explose qu’on ne se soucie plus de son avenir. On s’excite à vivre au jour le jour, à exhiber ce que l’on ne fera sans doute jamais demain. Tout s’exagère quand finalement on veut tout. Quand finalement nous voulons tout faire. Notre vie prend ce tournant. Celui qui nous dirige vers cette malice où se mêlent et s’emmêlent l’aube et le crépuscule. Où l’on s’imagine vivre en même temps des instants si différents aux notions si parallèles. Alors on se laisse reprendre avec nos promesses. Ceux, qui de temps en temps, nous sont étrangers.

Tordons le cou à ces cordes de guitare. Demandons leur de nous jouer des airs attendrissants. Demandons leur de remplacer ces cris. Plus besoin de baisser la tête pour que notre esprit s’aperçoive de la tristesse de notre sphère. Plus besoin de lever la tête pour que notre esprit s’aperçoive de la sagesse de nos disparus. Fermons les yeux pour abandonner nos douleurs. Fermons les yeux pour rejoindre nos joies.

On tourne en rond. On adore étendre ses bras, les sentir rigides jusqu’au bout de ses doigts. Nos yeux ont réussi à se fermer. Cette force qui nous balance de tous les côtés s’apparente à vouloir nous rendre malade. Toutes nos références vaquent en une vision que l’on a plus que chaotique. Heureusement que l’on sourit, que l’on rit même. Car s’enchanter à perdre la tête n’est vraiment qu’un jeu d’enfant.

Il ne suffit pourtant pas de grand-chose pour s’évanouir, mais on préféra inverser le sens de nos délires pour enfin retrouver ce que l’on a perdu : son enfance.

Concessions intimes

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 5 juin 2010

17 décembre 1927

–       On ne troque pas son avenir Pierre ! Votre mère et moi vous avions fait confiance. Et vous ne faites qu’hypothéquer vos meilleures chances quant à intégrer Polytechnique ! s’exprima avec vigueur Monsieur de Laféconde.

–       C’est bien plus que cela Père !… dit Pierre rapidement coupé par son père.

–       Cessez ! Nous partons demain à Abidjan. On m’y a offert l’ambassade de Côte d’Ivoire et votre sœur ET vous nous accompagnerez naturellement.

–       Impossible, je lutterai jusqu’au dernier instant afin de vous persuader que ma place est en France, dit Pierre, désorienté et déterminé.

–       Vous lutterez une fois arriver en Afrique, dit instantanément Monsieur de Laféconde pour qui le choix et la détermination ne font guère bon ménage sous une autorité.

5 mars 1928

Une explosion. Des éclats. Des cris, des pleurs. Bien plus que cela certainement. On y compte aussi des morts. Une perte totale de repère, les secours ne sont ni efficaces ni pressés. Terrorisés. On parle de carnage, on y remarque une traînée de haine sans contemplation pour la vie, en tout cas, pas pour celle des autres, certainement moins, pour celle de nos Français.

Il n’y a pas suffisamment de rosée ce matin pour éteindre un incendie avide de conquête, toujours prêt à s’étendre, à découvrir de nouveaux territoires, à prétendre d’exister comme un colonialisme contesté.

Et ce matin, il s’agissait bien de cela.

On avait attaqué un symbole insupportable pour certains, respectable et vertueux pour d’autres.

Mais ce matin-là, c’était Monsieur et Madame de Laféconde qui s’indignèrent de cet acte aussi cruel qu’inutile. Ils restaient choquer par une vision chaotique. Elle était plongeante. Quelques nuages cachaient ce sordide spectacle et ils comprirent. Ce n’était pas du plomb qu’ils avaient reçu dans le ventre. Ils ne saignaient pas et c’était déjà ça. Et ce qu’ils craignaient le plus à cet instant était la vie de leur enfant. De Pierre et de Jacinthe, pour qui plus rien ne serait pareil.

Après être rentré expressément en France, conflits et luttes sentimentaux saupoudrés d’intérêts ont envahi la vie de nos deux enfants. Il avait 18 ans, sa sœur à peine 6. Il s’était promis de s’en occuper. L’héritage de ses parents leur était bien suffisant. Leur demeure beauceronne les couvrait comme les chérissait. Il avait décidé de s’occuper corps et âme de sa sœur, sans contrepartie. Il se vouait à ce qu’elle trouve en lui l’absence de ses parents. Il se sacrifiait comme il se contentait de la fraîcheur et de la bonne santé de Jacinthe. Rien d’autre ne saurait le satisfaire davantage. Et cela, elle le comprenait. Elle faisait absolument tous les efforts pour rendre hommage à une famille plus compatissante et aimante que bougre et intéressé. Ca faisait partie du lot. Il y avait ces personnes qui ne leur voulaient certainement pas du mal, mais surtout leur possession.

Qu’ils prennent leurs souvenirs, nous ne les verrions plus.

21 août 1940

–  Je suis réserviste, dit promptement Pierre.

– Je pense que nous n’avons pas le choix, dit mollement Louise. Tes enfants t’attendront. Ta sœur patientera avec espérance. Et je languirais de ton retour.

–  C’est rendre hommage à mon Père que de lutter pour notre République, la défendre et l’encourager. C’est une offrande à ma Mère pour qui le sacrifice est le don par essence le plus fabuleux. Mais c’est une trahison à mon sens. Mon Père, le jour où il m’a annoncé notre départ en Côte d’Ivoire m’a susurré qu’on ne troquait pas son avenir. Et j’ai l’impression que j’offre ma vie à une Patrie alors qu’elle vous y ait totalement voué.

– Tu ne pourras améliorer les nôtres qu’en défendant nos libertés. J’ai vu partir ma famille, pleurer mes amis étant petite à cause de la première guerre. Promets- moi que je ne revivrais plus jamais un passé non moins glorieux que pénible.

–       Je pars sans trop m’éloigner, finit-il.

6 février 1942

Comment vaincre la maladie ?

Comment lutter contre ce qui vient de l’intérieur ? Ce qui vient de nous, de notre corps, souvent de notre esprit. Le tout s’emmêle et l’on tire difficilement les nœuds. On établit un journal certifiant notre existence, on forge une descendance héritière de cette dernière. Caricaturale de partir tuer de pauvres gens, souhaitant protéger les siens, alors qu’une partie de nous ne fonctionne plus.

C’est en tout cas ce qui ramène Pierre chez lui. Près de sa famille, encore plus proche qu’il ne l’a jamais été. Il s’en satisfait finalement, mais allongé à longueur de journée, il trouve que ça fait trop. Mais il ne s’en rend pas vraiment compte.

Lors d’un combat, son cœur a cessé de battre quelques instants. Crise cardiaque, il a bien pensé à la mort, mais ses amours l’ont relancé. Encore trop présents en lui, il ne pouvait songer à sombrer sur un champs de bataille.

À l’hôpital aussi il se bat. La lutte menée semble encore plus difficile, il connaît trop bien son ennemi et ça ne le ménage pas. Les batailles le fatiguent, il en perd fréquemment en s’effondrant dans un profond sommeil. Limite comatique, mais jamais trop grave heureusement. Il sait qu’on l’attend.  Des deux côtés certes. Mais en haut, il a encore le temps de les faire espérer.

Et puis il y a François-Xavier, son petit-fils qu’il ne connaît encore pas assez mais dont il est déjà tellement complice. Et François-Xavier, il pense que ce sont les Allemands qui sont en train de l’abattre. Et ça, il n’apprécie pas.

Non François. Pour le moment  c’est tout simplement la vie qui le relance.

Et François passe ses journées avec Pierre, son grand-père qui l’appelle Pipi. Ça fait toujours rire l’assemblée. Pierre aussi s’en esclaffe. Entre Papi et Pipi, quelle différence y a-t-il ? Ma foi une voyelle pas bien moins présente que dans le verbe aimer. Et son grand-père, Dieu sait qu’il aime.

Mais ce qui le tue lui échappe, il se leurre, et il s’en rendra peut-être compte un jour.

4 mai 1942

–       Bonjour, Pierre.

–       Ravi de vous revoir Monsieur de Rignac, dit stupéfait Pierre. Que faites-vous ici ?

–       Je viens aux nouvelles. Depuis que je suis au Sénat, je n’ai guère eu le temps de vous adresser mon soutien et vous remercier de ce que vous avez fait et faites pour votre sœur.

–       Merci Monsieur de Rignac, mais j’avoue être plus satisfait de ce qu’elle est devenue que moi, dit avec ironie le nouveau Monsieur de Laféconde.

–       Certainement, mais étant aussi votre gestionnaire et surtout votre ami, je souhaitais vous mettre en garde sur l’état financier de votre compte. Votre maladie n’a rien arrangé.

–       J’en suis bien conscient, mais je m’en soucie peu.

–       Il le faut. Pensez à vos enfants dorénavant.

–       Si vous venez me voir afin que je vende la propriété de mes parents, je suis au regret de vous répéter que je ne songerais jamais de m’y séparer.

–       C’est bien ce qui me faisait peur. Monsieur et Madame de Villoutrey vous en proposent une somme plus qu’intéressante. Ils ont doublé la valeur de la propriété.

–       Jacques…

–       Très bien, au cas où. J’ai à Paris un travail pour vous au Sénat. Ayant de quoi vous loger, vous ne pouvez refuser.

–       Merci Jacques. Votre amitié m’a été et m’est toujours d’un grand secours et soutien.

–       Vos parents ont fait bien plus pour moi. Voici les documents à remplir et quelques informations sur le poste. On se voit le premier lundi de juin. Vous commencerez à cette date. Au revoir.

–       À très bientôt.

23 mars 1975

L’univers dans lequel Pierre a été plongé le fascina. Il replongeait constamment dans ses souvenirs d’écoliers. Dans la carrière que son père lui construisait et qu’il s’entêtait à refuser. Aussi différent que le cadre juridique et politique pouvait être en comparaison de sciences plus fondamentales et pratiques, il avait construit une passion autour de ses années d’expérience au Sénat. Loin d’une carrière politique qu’il affectionnait tant pour y être mêlé, il développa une attirance pour les sciences juridiques passionnantes. D’ailleurs, ses enfants avaient entrepris des études de droit, ses petits-enfants plongeaient dans un même environnement universitaire et carriériste. C’était à l’université de Paris II Panthéon Assas que la famille de La féconde avait poursuivi et réussi leur scolarité, et ça serait à l’université de Paris II Panthéon Assas que Pierre de La Féconde réaliserait aussi bien le rêve de son père que le sien.  Il prit donc sa retraite et décida de reprendre ses études.

12 février 1976

8h46

L’exaltation des résultats. Ces premiers examens universitaires. Le système scolaire a selon lui bien changé, mais il en connaissait si peu qu’il se satisfecit de sa première année de droit et de ce qu’il y avait appris.

Il vint très tôt le matin afin de connaître ses notes. Mais pour lui ça représentait bien plus que d’avoir un diplôme. La finalité n’était pas d’ordre pratique mais symbolique. Il se signifiait réussir ses examens comme réussir sa vie, l’ensemble de sa vie, une vie aussi mouvementée que tragique, une vie qu’on ne lui envie pas mais plaint. Mais savent-ils ? Elle ne fut jamais autant réussie qu’à partir de son retour en France. Un retour lamentable, peiné et gémissant de douleurs, mais un retour consacré autant à un présent et un passé dont le lien se préfigure être un avenir flamboyant.

Il ne croisa jamais autant d’étudiants. Certains sortaient de leurs enseignements magistraux, de ces immenses amphithéâtres impersonnels, repoussants et glacials. D’autres de salles plus petites, intimes et chaleureuses ne recueillant pas l’unanimité car vite abandonnées.

Des masses, des corps entiers de matricules se ruaient sur les panneaux nominatifs et cruels des sous-sols pour certains et du hall sans repère pour le reste.

On entend geindre, pleurer, crier. On lisait l’étonnement d’un étudiant, originellement désemparé, trop halluciné d’avoir réussi, tandis que son ami, studieux et perfectionniste, la tête dans les mains, isolé, reste stupéfait de devoir s’imaginer passer son été à réviser.

Quant à Pierre, il est entre peur et certitude. Peur de se rendre compte qu’il n’était pas ou plus à la hauteur. Certain d’être fait pour une matière dont il partage les vicissitudes depuis près de 35 ans.

Alors il se dirige vers son nom. La féconde…La féconde…La féconde… Herat… Hevaux… Lassalle… LA FECONDE ! On y est. Il y est. Préparé mais perdu, il vérifie tout d’abord son prénom, son matricule, ça pourrait en être un autre. Mais il s’agit bien de lui, bien de son prénom, bien de son numéro d’indentification, de ses notes, de ses attentes.

Il s’empare d’un courage incommensurable pour descendre légèrement son regard afin qu’il pointe vers ce qui distribue peines ou bonheurs.

Il esquisse un sourire en demi-teinte. Il le savait.

Il vérifie encore une fois ses résultats. Il les compare et atteste d’une brillante victoire.

Il a réussi ses examens. Il a réussi à obtenir la clé d’une porte qu’il a trop souvent vue fermée. C’est à son tour de réussir, de savourer des succès, de partager ses fantasmes.

Persuadé que son heure arriverait bien un jour, il célèbre sa réussite. Il se félicite.

17,46.

Trop élevée pour être la température, trop décimale pour être une heure, sa moyenne est à la réussite ce que sa vie tient à l’échec. Selon lui. Pas pour ceux qui partagent sa vie.

Il bondit de joie, son corps est censé le faire souffrir mais curieusement la douleur le quitte momentanément. Il est l’objet de tous les regards, des regards non plus plaintifs, mais admiratif, pour un vieil homme cicatrisé par ses aventures, embaumé par sa joie actuelle, il vit aujourd’hui comme il aurait voulu le faire plus de 45 ans auparavant. Alors même si Dieu a décidé de la rétroactivité de son couronnement, il n’en reste pas moins que Pierre a décidé de sa vie. Fier d’avoir permis à sa sœur d’être une femme insoumise, libre et brillant médecin, il est désormais fier de lui-même. Et l’on ne lui reprochera jamais assez cela.

12 février 1976

9h32

Une explosion. Des éclats. Des cris, des pleurs.

Pierre est toujours dans le hall d’Assas. Il se retourne vigoureusement. Sa figure se fige. Des femmes sont à terre. Les mains sur tête. De jeunes hommes entrent violemment au sein du centre. Ils scandent des slogans inaudibles, incompréhensibles. Leur expression exprime la haine et le mépris. Pierre ne connaît que trop bien ses personnages. Il les a combattus.

Entre du français mal maîtrisé et de l’allemand, entre des mains levées et des genoux au sol, tout va trop vite.

Ce n’est pas qu’une manifestation, cela vire à l’émeute, on ne comprend pas ce qui les pousse à agir. Du moins, pas encore, parce que rapidement les croix gammées se succèdent et s’enchaînent. Autant sur le corps de leurs détracteurs, que sur les murs, les sols, les vitres. On les voit aussi sous formes de drapeaux et de bannières. Torses nus, chaussures militaires, bracelet en cuir, on s’arrête beaucoup plus sur ce qu’ils scandent. C’est humiliant d’être dans cette foule, et la masse se disloque, tente en vain de se séparer, de fuir, de se réfugier. Et Pierre est pétrifié devant une scène menaçante et blessante. Ses souvenirs de guerre s’entrechoquent à son esprit. Il se demande comment autant de haine et d’agressivité peuvent encore exister aujourd’hui, après ce que la France a enduré. Après ce que certainement leur parent et grands-parents ont vécu. C’est indiscutablement incompréhensible et cela Pierre ne le pardonne pas.

C’est au tour des sirènes de prendre le relais. Pierre a enfin un repère vers quoi se retourner. Et il souhaite le rejoindre. Cependant on remarque aussi que nombre d’étudiants rejoignent les agitateurs. C’est ce qu’il y a de plus stupéfiant. Aucun ne lutte, une bonne partie se protège, d’autres se résignent, tandis que la foi et la morale s’échappent quelques-uns participent à la dégradation d’Assas.

Les vitres sont cassées, rafées. Le patio est vidé de ses reposants accessoires, les panneaux associatifs sont eux aussi malmenés. Les chaises d’amphithéâtre déboulonnées, ceux de TD jetées par les fenêtres, documents scolaires et administratifs détruits.

Ils continuent de geindre comme si cela les soulageaient. Entre le souhait de voir les associations de gauche partir afin de laisser débarquer sereinement l’extrême droite, entre les vœux de voir des étudiants désigner leurs amis juifs et maghrébins, ils ne saisissent pas qu’ils sont la gangrène d’une jeunesse et d’un avenir prodigieux et brillants.

Alors Pierre continue sa course. Il ne réfléchit plus. Il ne ressent plus rien. Il essaie de s’extraire de ce mouvement lamentable et désordonné. Il ferme les yeux et avance. Des cris encore. Il n’est pas indifférent, Pierre, mais il a peur. Peur d’un passé trop omniprésent qu’il pensait avoir laisser en 1942. Des cris encore. Il ouvre ses yeux. Près de lui, une femme à terre. Une étoile de David solidement tenue dans sa main, par sa chaîne. Un homme sur elle à califourchon la bat. Violement, tragiquement, misérablement. Comment peut-on… ? Il le fait. Les insultes ajoutées à la frénésie ambiante rendent l’acte insupportable. Pierre se jette sur l’auteur  de cette atrocité. La femme est en pleure. Pierre s’est cogné la tête. Il ne bouge plus. Immobile, il saigne. Immobile, son cœur pompe son sang s’éjectant vainement par son crâne. Cela dit, il reprend conscience. Cela dit, il aurait préféré mourir. Car l’agresseur le prend dans ses bras. Il pleure même. Sa main soutient la tête de Pierre. Il pose son front contre celui de notre héros. Mais Pierre ouvre les yeux, le repousse farouchement et pleure de toute son âme et d’ailleurs. D’ailleurs, cela ne devait pas se passer comme ça.

Au choc physique survint une secousse pathétique et dramatique, François-Xavier était là, les mains recouvertes de sang, celui de son grand-père alors qu’il tentait de sauver une étudiante de son hystérie.

12 février 1976

9h57

Le coup marqué à la tête de Pierre semblait s’aggraver. Le désordre régnait et ils étaient trop occupés à s’aimer et à se haïr pour que notre homme de bonté se voit être soigné rapidement. Mais il ne paraissait s’en soucier guère.

10h02

Pierre était mort dans le bras de l’enfant qu’il chérissait et aimait le plus. Il avait survécu à tout ce qui ne pouvait pas l’atteindre. Que cela provienne de son être, que d’inconnu. Il ne se souciait jamais de son avenir. Il préférait laisser les autres s’en charger. Quant à lui, il avait voué son existence à rendre celle de ses proches la plus exaltante et la moins pénible possible, et ce, en dépit de la sienne. Quoique le bonheur de ses proches soit aussi le sien, il parvînt enfin à devenir heureux grâce à ce qu’il réalisait. Une réalisation et un accomplissement complètement égoïste mais tellement bien à lui. Et personne ne pouvait lui voler tout ça. Tout du moins jusqu’à aujourd’hui… Un 12 février 1976.

Les yeux placentaires

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 24 mars 2010

Ce plafond est étrangement bas. En sautant, elle se cogne au plafond, rugueux, il ne ressemble à rien.

L’obscurité envahit ce lieu aux frontières irrégulières. Les couloirs mènent à des pièces méconnaissables, indénombrables. Souvent, en s’y promenant, l’impression de tourner en rond s’empare de Chloé. Les parois sont molles, valsent en fonction des battements de son cœur.

En marchant, elle lève la tête, elle essaie de reconnaître ce décor inconnu. Pourtant c’est son corps. Elle en est prisonnière. Son enfant en est prisonnier. Son baraquement organique tente de développer ce fœtus qui tente de s’humaniser. La cause ? La pénétration. C’est le maître mot, celui qui nous pend au nez quand on tente de comprendre comment on en est arrivé là. Là, c’est ce stade durant  lequel, deux êtres s’émerveillent ou se dégoûtent de s’être touchés.

Avant tout, on fait connaissance, on s’émisse dans l’esprit de l’autre, une inconnue, un  type qu’elle ne connaissait pas. On pénètre la tête de celle et celui qui pourraient être la bonne, le sérieux. Une fois à l’intérieur de l’âme, on survole un corps pour la pénétrer et lui prouver qu’on l’aime. Cela mêle la tendresse des gestes et des regards à la brutalité des cris et de la respiration.

L’homme pénètre cette femme par la position la plus banale mais la plus sûre. Volontaire ou tête en l’air, il en arrive, parfois, à ce que les combattants partent à la quête du fort. C’est drôle, mais ils connaissent le chemin. Ils se concertent avant d’être lâchés préparant des éclaireurs en cas de déroute ? Il n’en reste pas moins que lors de l’attaque, un valeureux chevalier, en tête de peloton, pénètrera le sacré. Ensuite, un gros tirage au sort est effectué. On tire les meilleurs allèles, les meilleurs gênes, on crée l’être parfait. « On », mais ce n’est pas « on », c’est Elle, qui se charge inconsciemment d’aboutir à un être victime de trop de pénétrations.

Tout cela pour finir, sortir, la tête en première, dans la douleur, une claque sur les fesses une fois le travail accompli.

Quelle récompense !

C’est une triple dépénétration. Sauf quand elle en décide autrement.

De multiples raisons se chargent de justifier la perte d’un embryon, projeté à être l’héritier d’au moins un nom.  La perte, pas autre chose. Certains parlent souvent d’un abandon, parfois d’une tuerie. Pour Chloé, c’est une séparation qui se suivra d’un deuil. Pour Chloé, les raisons n’étaient pas les siennes. Les raisons lui échappaient, elle ne les comprenait pas, elle était perdue, elle ne voulait pas d’aide, çela aurait été encore plus dure. Elle imaginait déjà l’extase de ses amis à son annonce.

–       Je suis enceinte, aurait-elle dit.

–       Félicitation, mais c’est génial ! auraient-ils répondu.

C’est génial ? Elle ne voulait pas leur répondre « Pas tant que ça » d’un air dépité.

–       Je vais m’en séparer, aurait-elle murmuré pour ne pas gêner.

Aucune remarque n’aurait suivi. Elle en est certaine. Ses amis n’auraient pas compris, mais ils l’auraient soutenu.

–       Colin ne veut pas le garder non plus ? auraient-ils tout même interrogé.

–       Je ne sais pas. Il ne le sait pas.

Il ne faut pas lui en parler. Pourquoi lui en parlerait-elle ? C’est son corps, sa vie, ses souffrances, son avenir après tout. Colin aurait mieux du penser à se protéger. Il connaît ses problèmes. Chloé a ce corps qui ne répond pas à la norme. C’est une machine huilée à d’étranges substances. Elles sont d’ailleurs chères et contraignantes à prendre. Son dérèglement la fatigue. Elle ne pouvait pas s’en douter. Elle a décidé de se laisser faire à une  drôle de machinerie. Son nom fait peur. Il prétend qu’à son utilisation, une femme perd ses capacités à procréer. Un stérilet. Ce nom est atroce. Mais s’il permet à Chloé et Colin d’accroître leur plaisir, d’éviter cette pause durant laquelle Colin installe son instrument, pourquoi pas. Ils ont décidé de cela rapidement. Une discussion banale pour un acte qui ne l’est pas. Ils ont décidé de cela rapidement. Une machinerie banale pour des conséquences qui ne le sont pas. Hier, elle a pleuré. Toute la nuit. Son enfant a disparu, comment cela a pu être vécu ? Elle ne s’en souvient plus. Une discussion banale, avec cette femme, pour des saignements qui la préoccupaient. Son gynéco est formel : le dérèglement du cycle a tardé à l’alarmer.

–       Vous êtes enceinte, félicitation ! dit sa gynéco.

–       Comment ? Mais depuis combien de temps ?

–       C’est ce qui est étonnant. Un peu moins de trois mois.

Trois mois. Elle se félicite d’être aussi sotte. Comment le lui annoncer ? D’ailleurs, le faut-il ? Chloé se posait ces questions dont les réponses ne peuvent lui être apportées que par l’intéressé. Il faudrait l’ensorceler. Elle lui poserait les questions, il oublierait ensuite, bonnes ou mauvaises réponses. Bonnes, elle n’aurait qu’à les lui reposer. Mauvaises, elle ne le supporterait pas. Elle n’a finalement qu’à se taire. Le temps était compté. Quelqu’un l’a tout de même aidé à se décider. Aider. Orienter ? Convaincre ? Oui, convaincre, quand on se pose des questions, quand la joie ne nous prend pas au cœur à l’annonce de ces nouvelles, il faut savoir s’en débarrasser. Jeter ce qui pouvait encore être bazardé sans trop de mal.

Elle ne se rend pas compte qu’elle parle d’un prochain être humain. Il ne pensait pas, ne bougeait pas encore, était en voie de création, mais il existait, il était là, présent, il était même là où aucun autre ne pourrait jamais être. Cependant, il était de trop.

Le féminisme est mort ! Vive le féminisme !

Posted in Le monde est plat by frichtre on 8 mars 2010

Que ce titre doit faire polémique ! Non, le féminisme n’est pas mort, mais elle revêt actuellement une définition archaïque, à l’image des mères nourricières de ce mouvement ! Comment penser que les initiatives nées lors de la révolution française, prônant des valeurs sociales et politiques élevées, lovées dans les droits fondamentaux, puissent encore avoir du sens ?

Olympe de Gouges partageait-elle les mêmes visions que Simone de Beauvoir ? Cette dernière était-elle du même bois que Simone Veil ou Elisabeth Batinder  ? Ces deux grandes intellectuelles sont-elles les inspiratrices des mouvements Chiennes de garde ou Ni putes, Ni soumises ?

À mon sens, chaque génération de femmes développe sa propre conception du féminisme pour tendre toujours un peu plus vers une égalité réelle et vécue des genres.

Je suis moi-même féministe à l’idée même de repenser aux difficultés sans nom qu’éprouvait Marie Curie à l’occasion de ses recherches. Une femme mise au ban de la communauté scientifique : Prix nobel de physique en 1903, Prix nobel de chimie en 1911, transférée au Panthéon en 1995.

Le féminisme, c’est l’action, l’action revendicative. Le féminisme, ce n’est pas penser qu’il est anormal que les femmes ne puissent prétendre aux mêmes droits que les hommes, c’est agir pour dégager – avec les opinions les plus nobles et les qualités les plus rares – ceux qui raflent indûment les privilèges et les fonctions.

Le féminisme, c’est la réflexion, la réflexion militante. Le féminisme, ce n’est pas croire qu’il suffit d’être une femme pour s’imposer dans les conseils d’administration, les hémicycles parlementaires ou les hautes fonctions publiques, c’est réfléchir à la manière de parvenir à des représentations des genres équilibrées et naturelles. Mon postulat repose sur les principes de la probabilité, et dans notre exemple, in fine, rien n’est improbable. En effet, si l’on prend une pièce de monnaie et que nous la lançons, mettons, 577 de fois. Nous obtiendrons, bon an mal an, 288 fois pile et 289 fois face. Remplacez les côtés de la pièce de monnaie par les sexes, et le nombre de tirage par le nombre de siège à l’Assemblée nationale, c’est grosso modo la répartition naturelle que nous devrions atteindre si les lois de la nature étaient respectées : 1 député sur 2 devrait être une femme. J’applique ce principe à tous les métiers, à quelques exceptions près du fait de variables aléatoires (profil des métiers, sociologie, etc.).

Aujourd’hui, très clairement, ce pour quoi il faut se battre, ce n’est pas contre la domination masculine (qui existe toujours dans toutes les strates de notre société occidentale), mais pour permettre aux femmes d’exister et de s’épanouir, individuellement (Je pense que cela pourrait se résumer de cette manière en enfermant toutes les notions relatives aux problèmes contemporains que les femmes rencontrent quotidiennement et qui seraient trop long à expliquer ici).

Enfin, pour que ce billet ne soit pas trop long, je finirai par dire quelques petites choses. Il ne faut pas que le féminisme soit le pendant du sexisme et de la misogynie. Non pas que j’ai personnellement peur d’affronter les affres d’une femme dirigeante me reluquant les miches pendant que je lui servirais le café tout en écoutant ses blagues grivoises. Non pas que les femmes n’aient pas le droit de pester contre la domination masculine. Mais bien parce que tous les mouvements fondateurs d’un renouveau se perdent, se terrent, se développent et s’expriment dans leurs excès.

Il faut être raisonnable

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 26 février 2010

Non pas maintenant. Il fallait que je m’en aille. J’avais vraiment autre chose à faire. J’avais promis à Chloé de l’accompagner au ciné ce soir. J’étais à la bourre et elle allait encore m’en vouloir. Elle voulait aller voir ce film, une comédie. Elle m’avait proposé ce film en me disant : « De toute façon tu n’aimeras pas. C’est un film de fille ». Ah… bah écoute… merci. Non mais c’est vrai, c’est agréable ça. Elle m’avait demandé de l’accompagner tout en sachant que ça me ferait chier. Ce n’était pas normal. C’était surtout très méchant. Je ne comprenais pas. Je ne m’en voulais vraiment pas d’être en retard.

Arrivé à Odéon. Elle était furieuse. On devait prendre un verre avant la séance. C’était loupé. On a foncé prendre nos places et on patientait avant la projection. Elle m’avait aussi annoncé qu’il s’agissait de la suite d’un autre film. C’était encore mieux… Je n’étais pas censé aimer et en plus elle saupoudrait le tout en m’annonçant que je n’y comprendrais rien. Décidemment je ne savais pas à quoi elle jouait. Je m’imaginais sur une piste de danse. Statique, elle gesticulait et bougeait en face de moi. Elle semblait dansée avec quelqu’un. Moi ? Mais je ne la voyais pas former un duo. Je me demandais même si on était véritablement ensemble. Je m’efforçais d’y croire. C’était elle qui m’avait téléphoné pour me proposer ce rendez-vous.

On était confortablement assis. Je lui ai offert sa glace. Elle se mit à la croquer, et m’avait proposé de la partager avec elle. C’était symbolique. J’appréciais. J’ai accepté même si elle avait pris une saveur dont je ne raffolais pas. J’aurais préféré la vanille. La vanille est un fruit merveilleusement délicieux. Chloé est délicieuse. Elle a alors commencé à m’interroger sur ma journée. Je lui ai raconté machinalement, comme à une simple amie, mais avec un peu plus de détails. En regardant ailleurs elle essayait d’en savoir plus sur certains moments. Elle commentait la publicité. Je comprenais alors que mon passage n’était pas intéressant. Je me suis arrêté de parler. Elle enchaînait sur la sienne en concluant rapidement que je n’aurais pas du être en retard. Encore une fois je m’excusais. Elle feignait de ne pas les avoir entendus.

Tant pis qu’elle aille se faire voir. Je me suis levé. Heureusement, il n’y avait personne à notre rangée. Je ne me suis pas retourné. Je ne savais pas ce qu’elle faisait. Je ne l’entendais pas m’apostropher. Me regardait-elle?

Tant pis qu’elle aille se faire voir. J’ai quitté la salle. Le film commençait. Je me suis arrêté un léger instant. Assez long pour verser naturellement deux ou trois larmes. Elle était tellement belle. J’aurais aimé la revoir, Chloé. C’était ce que je me disais.

Tant pis, elle n’avait qu’à regarder son film de fille toute seule. Elle pouvait se parler toute seule. Elle pouvait se remémorer ses souvenirs toute seule. Elle ne pouvait que se reprocher de ne pas être celle qui aime. Parce que moi je l’aimais.

Mais je n’aime pas comme ça. Et je n’aime pas comme elle. Encore fallait-il qu’elle m’aime.

C’était vraiment n’importe quoi. Pour qui se prenait-elle?

Je sais maintenant ce qui vient de claquer.

Je n’étais déjà plus dans le cinéma. Heureusement que j’habite le quartier. Mon téléphone s’est mis à vibrer. Je l’ai sorti de ma poche. Il indiquait « Chloé ». J’ai alors décroché. Elle ne comprenait pas ma réaction. Cruellement, je me suis mis à crier, à hurler. Durant dix très longues minutes, je lui ai vantée tous ses défauts. Durant ces dix éternelles minutes, je lui ai scandée tous ses travers. Durant ces dix interminables minutes, je lui ai… Rien. J’étais fatigué. Je l’aimais. Mais je ne voulais pas de cet amour. Pas à ce prix-là. Je me souvenais de la veille, de nos moments intimes. Ce n’était qu’une fois parmi tout ce temps passé ensemble.

J’avais éteint mon téléphone. Et mon histoire s’était finie à ses débuts. Je me suis perdu.

Mais ce matin, c’est Chloé qui s’était retirée.

Elle m’a abandonné, mais je m’en remets. Douloureusement, je veux rétablir le contact. Mes amis le sont par qualification, un choix qui, tragiquement, se retourne parfois contre moi. Alors je m’éloigne d’eux. De moi-même le plus souvent d’ailleurs. Pointé du doigt, uniquement aimé pour ce que je ne symbolise pas, je me représente une vie mal menée. Un but n’est pas une finalité et je peine à trouver les miens. Vous ne m’achèverez pas, vous y êtes pourtant proche. Il fait jour et tout s’assombrit comme si on vous enfermait. Aucun barreau ne sera assez dur pour me retenir. De toute façon ce sont les miens, je m’isole volontairement pour ne pas avoir à subir les foudres d’un jury trop populaire.

J’ai fait confiance comme j’ai aimé. Un pouce au suicide qui n’a rien d’exaltant. Je prends la peine de penser à tout cela, mais ça n’est guère intéressant. Je peine à ressentir tout cela, mais ce qui est merveilleux c’est de me rendre compte que la trahison peut bénéficier à l’accusé. Mes assises sont repoussées jusqu’à une date ultérieure. Je ne la connais pas. Est-ce finalement maintenant ? Je ne crois pas. Je ne veux pas la connaître. Je peux l’éviter alors je m’engouffre dans un solo. Je me sens léger. Libre. Aucune contrainte ne me presse. Mes mouvements ne sont plus guidés par quiconque, je gère ma vie de façon autonome, j’entreprends de nouvelles actions. Plus tranchantes, plus poignantes, elles seront décisives. J’ai aussi et surtout décidé d’effacer des ombres. Bien trop menaçantes.

Je me retrouve dans un monde paranoïaque. Un monde sans amour aussi, mais ça je n’y crois pas non plus. En tout cas, un monde suspicieux et complètement amorphe de sentiments. J’avais deux amours, ils se sont désintégrées.

À trois, je me jette parce qu’un couple à quatre, ego compris, je n’y crois plus.

Mémoires

Posted in Le monde est plat by frichtre on 25 février 2010

« Quatre heures du matin.

Station Palais royal, ou peut-être Tuileries. Je ne sais plus. Ce dont je me souviens, c’est d’entendre claquer cette porte. La mienne ? Mes souvenirs sont vagues et mon esprit divague. Une dispute. Que s’est-il réellement passé ? Je lève les yeux, vois la pyramide. Palais royal, j’avais raison. Mes pas ne me semblent pas lourds, je marche aisément, mais je tourne en vain les mirettes afin de palper quelques souvenirs.

« Mes yeux piquent et je les ferme avec insistance comme pour éviter que le soleil ne me les brûle. Réveille-toi ! Il fait nuit.

« Pourquoi m’a-t-elle fait ça ? Ce  qui a claqué, c’est l’écho de ses pleurs. Elle sanglotait à peine, et ses larmes cristallines coinçaient au-dessus de ses pommettes. D’habitude, ce sont mes baisers qui s’y attardent. Mais ce soir, elle avait fait la connerie de trop sans doute. Mais ce trop ne me revenait pas en mémoire. Tout s’assombrissait alors que Paris a toujours été une ville illuminée.

« Je ne quitterai pas le Carrousel avant de tout comprendre. Tout s’est arrêté en une fraction de secondes lorsque je me suis laissé imaginer que je ne la saisissais peut-être pas.

« Mais c’est elle qui ne me saisit pas.

« Cette situation reflète bien mon état. Un peu outrancier avec ceux qui ne me cernent pas, et mélancolique avec les personnes qui semblent savoir me prendre. Ou est-ce moi qui donne tant d’importance à cette fille pour éviter de me révéler trop brutalement ? Trop de temps vient de s’écouler pour lui montrer ce que je suis. Amer est mon comportement. Il passe bien déguisé et accompagné de brides et de comédies. Mais quand il s’exprime seul, il faut alors savoir le contenir.

« C’est un peu comme l’huile d’olive. Je déteste cette huile. Mais elle s’assaisonne délicieusement. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’on me déteste tel que je suis. Cependant, il n’est pas aisé de me saisir. Alors tout de suite les discussions prennent un ton plus sectaire.

« Voilà, il me prend encore à penser et à parler de moi !

« Quand est-ce que cette introspection cessera? Même dans cette condition, je ne fais pas l’effort de la considérer. Quand penserais-je à l’aimer ? Quand la démesure du mien cessera ?

« Rapidement je reprends mes esprits. Je remarque que les rues se mettent à rougir. Déjà ? C’est le reproche que je fais à l’été. Ne jamais nous laisser le temps de digérer la veille.

« Il faut bien que je me lève et regagne l’appartement. Elle doit sûrement dormir à cette heure-ci. J’irais me coucher dans la chambre d’ami sans oublier avant de me doucher et de lui préparer son petit-déjeuner.

« Elle part ce matin très tôt à Lyon pour le week-end. Des amis l’ont invitée. Ça lui fera certainement du bien. Je saurai à mon réveil si elle souhaite que je l’accompagne comme ce qui était prévu. Mais j’en doute. D’ailleurs, le mieux pour nous, est d’avoir ce répit qui ne sera pas de refus, et qui s’inscrira dans une tendance plus que négative depuis quelque temps.

« Sans confiance, j’enfonce la clé dans cette serrure qui, pour la première fois, semble ne pas vouloir m’accepter. Je n’y arrive pas. Elle ne cesse pas de taper contre la porte. La lumière du hall est éteinte et moi aussi. Je ne suis pas plus avancé qu’un aveugle ou qu’un type ayant pris sa cuite. Alors d’une main, je tâte l’orifice voulant bien loger ce qui pend au bout de mes doigts. Puis indélicatement, j’essaie d’ouvrir cette porte qui, quelques instants plus tôt, me refusait violemment.

« J’avais bien pris le soin de me déchausser avant d’entrer. C’est en chaussette que j’avance doucement caressant le sol. Je ne veux pas entendre le talon taper contre le parquet. C’est comme si je me présentais brutalement aux rêves de Chloé. Mais comme elle le fait avec moi, elle continuera de se blottir dans ce qui, rarement, lui inspire.

« Je traverse alors le couloir qui, à ce moment précis, me parait extrêmement long. Quand on se crispe tout prend de l’ampleur, ou au contraire s’amenuise. Les extrêmes se font de la place. Alors je compte les pas entre le seuil de l’appartement et celui du salon. Je vérifierais bien un jour, qu’effectivement, le couloir ne s’est pas allongé par je ne sais quelle magie. Seulement si par malheur je me souviens de cette nuit.

« C’est vraiment drôle, l’alcool fait tanguer notre environnement, nous accable de soixante années grâce à peu de verres, mais la canne ne nous vient pas à l’esprit. Ces soixante années d’apprentissages et d’expériences nous amènent donc à penser que lorsque l’on ne tient plus sur ses jambes, il est préférable d’avoir une canne. Alors, que tous ceux qui, désorientés par ce liquide essentiel, un soir de gorges déployées, pensent à troquer, non pas leur rire, mais ce qu’ils peuvent contre l’objet en question.

« Mais l’alcool change aussi les attitudes. Et j’aime le changement. Mais celui qui a lieu au sein d’une pièce. La voir vivre. Penser que les meubles ne sont pas que des accessoires ayant une fonction bien précise. Même si au-delà de ce qu’ils sont censés nous permettre de faire, l’imagination, lors de diverses situations, multiplie les fonctions de ces occupants peu mobiles.

« C’est donc le mouvement qui anime le salon ainsi que les autres pièces de l’appartement. On ne peut y apprendre à se déplacer sans risque dans le noir. On ne peut s’y déplacer sans apprendre la dernière configuration que Chloé et moi avons imaginée. C’est dans ce nouvel univers que je tente de faire mon entrée. J’arrive près du salon. M’arrête en face. Dépose mes chaussures et rabat mes paupières. Je me plonge pleinement dans le dernier souvenir accueillant le sourire de Chloé. Un sourire qui ressemble étrangement à celui que l’on tire quand on voit un enfant faire une bêtise. Il est sincère. On lui dit que ce n’est pas grave. Mais il s’en veut tout de même, ça se sent. Chloé me sourit de la même manière. Je suis son grand enfant. Elle sait que je ne fais rien de mal, et que la plupart du temps, je ne suis pas conscient. Mais conscient de quoi ? De mes actes ? Se doute-t-elle ? Elle continue de me sourire et son regard appuie mon inconscience. Je ne sais pas ce qu’elle pense de moi. J’ai terriblement peur de lui demander. Mais pourquoi serait-elle avec moi ?

« Je doute toujours des réponses qu’elle pourrait m’apporter. Alors je préfère ne pas prendre le risque d’écouter ce qui me blesserait, que de me féliciter des tendresses qu’elle exprimerait pour moi.

« Malheureusement, elle a dû enfin extirper une partie d’elle-même. Partie dont à l’origine, je suis le seul à pouvoir la libérer. Je me suis terriblement déçu de ne pouvoir me rappeler ces intenses moments avant de me perdre sur à quelques mètres de la seine.

« Je n’étais pas sur de mon coup apparemment.

« Je redécouvre mes pupilles après ces quelques secondes de rêveries. Elles n’ont jamais été aussi grandes. Énorme même. J’ai l’impression de les sentir prendre du volume en même temps que me souvenirs deviennent les seuls locataires de mon esprit. Ma vue s’habitue à l’obscurité.

« J’avance vers le canapé. Je sais qu’il est tout près. Alors je me dirige sans trop savoir si finalement ma vie a changé quelque chose durant cette journée d’absence. C’est ce qui l’amuse. Elle profite que je ne sois pas là pour accomplir son petit plaisir récurrent à chaque nouveau changement. C’est-à-dire mettre à sa convenance ce qui ne me plaisait pas. Il faut dire que c’est moi qui l’ai encouragée la première fois à se prêter à ce jeu. Elle n’était pourtant pas motivée. Elle disait que ça lui plaisait comme c’était, qu’elle ne voyait pas l’intérêt de mettre le lit à la place de l’armoire, le canapé au centre du salon, et dans cette même pièce, la télévision entre les deux entrées. Elle ajoutait même, en retroussant son petit nez, que tout ce remue-ménage angoisserait les poissons. Elle aurait pu inventer n’importe quoi pour que rien ne change.

« Bien qu’elle fut réticente désormais je la laisse seule se prêter à ce divertissement. Je l’aide à soulever les gros meubles, place quelques critiques et lui propose mes idées. Elle acquiesce en boudant timidement, et je lis dans son regard que de toute façon, j’ai beau proposer, c’est elle qui en dispose tout le temps. Elle n’en fait qu’à sa tête. »

Signature

Posted in In a sentimental mood by frichtre on 23 février 2010

Que faites-vous systématiquement ? SIGNER Vos courriers ? MES COURRIERS, MES TEXTOS, MES MAILS, MES DM, TOUT, SYSTÉMATIQUEMENT Mais pourquoi ? POUR QUE L’ON SACHE QUE C’EST MOI Et elle ? Le saura-t-elle ? JE N’AI PAS SIGNÉ Ce que vous faites alors même que c’est inutile, vous oubliez de le faire alors que c’est indispensable ? SAMEDI SOIR, CA C’EST BIEN PASSÉ COMME CA Mais pourquoi ? ELLE ÉTAIT BELLE Justement ON N’ÉTAIT PAS SEULS, VOUS VOUS SOUVENEZ ? Et alors ? ET ALORS JE NE VOULAIS PAS PARAÎTRE… Nous y sommes. JE NE VOULAIS PAS ÊTRE DE CETTE ESPÈCE D’HOMME. Laquelle ? LES LOURDS, LES DRAGUEURS, LES MANIPULATEURS. Signer de la plus belle manière cette soirée t’aurait valu d’être lourd, dragueur et manipulateur ? JE CROIS. EN PLUS ELLE ÉTAIT LÀ. Qui ? MAGALIE. Je ne l’aime pas non plus. ELLE ÉTAIT UN VOILE SUR NOTRE RENCONTRE. C’est-à-dire ? J’ÉTAIS BIEN. JE LA PROTÉGEAIS. MAIS LES ATTAQUES VENAIENT DE SON AMIE. Pourquoi es-tu parti la chercher ? PARCE QUE CLAIRE ME L’A DEMANDÉ. Pourquoi ne lui as-tu pas demandé de partir ? CLAIRE LE FAISAIT. IL ÉTAIT HORS DE QUESTION QUE JE M’EN MÊLE. Mais pourquoi ? Dis le moi ! PARCE QUE JE NE VOULAIS PAS PARAÎTRE POUR UN PERVERS. UN PERVERS SOUHAITANT RESTER SEUL AVEC SA PROIE. ELLE ÉTAIT DÉJÀ SUFFISAMMENT BLESSÉE. Et ensuite ? ET ENSUITE, ELLE S’ÉLOIGNAIT DE MOI AU FUR ET À MESURE QUE MAGALIE EXERÇAIT SON AUTORITÉ. Mais revenons à la signature. Pourquoi n’avez-vous pas signé ? PARCE QUE JE NE VOULAIS PAS PARAÎTRE LOURD, DRAGUEUR ET MANIPULATEUR. Paraître ? Mais face à qui ? MAGALIE. Que pouvait-elle donc te faire ? LUI DIRE QUE J’ÉTAIS UN SALAUD, UN PROFITEUR, UN PERVERS. Alors vous n’avez pas signé. NON. J’AI DONNÉ MES COORDONNÉES À LA CASTRATRICE POUR QU’ELLE ME FASSE CONFIANCE. Elle ne mérite pas la confiance de Claire, n’est ce pas ? ASSURÉMENT. Et maintenant ? ELLE EST PARTIE. Le programme ? PLUS DE 566 000 RÉSULTATS FACEBOOK POUR CLAIRE. 35 PAGES DE RECHERCHE DANS LE PARISCOPE. Et le restaurant dans lequel elle était ? EFFECTIVEMENT, ELLE N’ÉTAIT PAS CHEZ GEORGES. Mais où ? À LA MERCERIE. Téléphone leur ! POUR LEUR DIRE QUOI ? Pour leur demander des nouvelles, des informations, des contacts, des souvenirs, une aide.

LA PROCHAINE FOIS QUE JE LA VERRAI, JE SIGNERAI.